Les épicondylalgies (Tennis Elbow, Golfer's Elbow) touchent 10 à 15 % de la population. Si l'ostéopathie structurelle offre des résultats encourageants pour ces pathologies mécaniques, elle est souvent entourée de théories séduisantes mais scientifiquement fragiles. Pour une guérison durable, il est crucial de distinguer les techniques de manipulation efficaces des mythes thérapeutiques.
Le coude est le pivot entre l'épaule et la main. Les douleurs résultent souvent d'une surutilisation des tendons extenseurs ou fléchisseurs.
Épicondylite latérale (Tennis Elbow) : Inflammation ou micro-lésions des tendons extenseurs du poignet.
Épicondylite médiale (Golfer's Elbow) : Atteinte des tendons fléchisseurs du poignet.
Syndromes canalaires : Compression de nerfs (comme le nerf ulnaire) provoquant des fourmillements.
Certaines explications traditionnelles manquent de preuves et peuvent induire les patients en erreur.
La Croyance : Une "congestion du foie" ou de l'estomac perturberait la circulation sanguine du bras droit ou gauche, causant ainsi une tendinite au coude.
La Réalité Critique : Il n'existe aucune preuve scientifique qu'une manipulation de l'abdomen puisse soigner une épicondylite. Les liens invoqués (nerf phrénique, fascias) sont anatomiquement réels mais leur influence mécanique sur un tendon du coude est inexistante. Une tendinite est liée à une charge mécanique excessive, pas à un problème digestif.
Le Mythe : Votre douleur au coude vient d'un déséquilibre de votre bassin ou d'un problème de mâchoire qui crée des tensions ascendantes.
La Réalité : Si la posture de l'épaule et du cou est déterminante pour le coude, le lien avec le bassin est extrêmement ténu. Se focaliser sur le bas du corps pour traiter un coude sans preuve de lien direct est une simplification biomécanique sans fondement clinique solide.
La Croyance : Le coude est "déplacé" ou la tête radiale est "subluxée" et l'ostéopathe doit la "remettre en place".
La Réalité : Sauf traumatisme majeur, les os ne se déplacent pas. La manipulation HVLA (le "crack") ne remet rien en place ; elle stimule les récepteurs nerveux pour inhiber la douleur et relâcher les muscles protecteurs, restaurant ainsi le glissement physiologique.
L'ostéopathie est efficace lorsqu'elle est intégrée à une approche de thérapie manuelle moderne.
Mobilisation avec mouvement : Restaurer la cinématique de la tête radiale permet de diminuer instantanément la douleur lors de la préhension.
Travail des "Trigger Points" : Le relâchement des muscles extenseurs de l'avant-bras réduit la traction mécanique sur l'os (l'épicondyle).
Désensibilisation Nerveuse : Des mobilisations douces (neurodynamique) aident à réduire l'excitabilité des nerfs si la douleur irradie, bien que cela agisse sur la perception et non sur un "coincement" physique.
L'ostéopathie est un outil puissant pour "ouvrir la fenêtre" de la guérison en supprimant la douleur aiguë. Cependant, pour que le résultat soit durable :
Le mouvement est vital : Les exercices de renforcement (excentrique) sont les seuls capables de régénérer le tendon.
L'ergonomie est clé : Adaptez votre poste de travail ou votre technique sportive.
L'ostéopathe est un partenaire : Il traite les blocages cervicaux et locaux, mais le succès dépend de votre assiduité aux exercices.