Les vertiges peuvent être causés par :
Le VPPB : Quand de minuscules cristaux se déplacent dans l'oreille interne.
Les vertiges cervicogènes : Souvent liés à des tensions dans le cou ou à des traumatismes (comme un coup du lapin).
Les migraines vestibulaires : Des vertiges qui surviennent avec des crises de migraine.
La maladie de Ménière : Un problème de l'oreille interne qui provoque vertiges, bourdonnements et perte auditive.
En ostéopathie, on utilise différentes techniques pour tenter d'améliorer ces situations :
Des manipulations du cou pour rendre les articulations plus mobiles et apaiser les nerfs irrités.
Des techniques crâniennes (douces) pour agir sur la mobilité des os du crâne et la circulation du liquide céphalo-rachidien.
Un travail postural pour corriger les déséquilibres musculaires ou des tissus conjonctifs qui affectent l'équilibre.
Les études sur l'efficacité de l'ostéopathie varient selon le type de vertige :
Pour les Vertiges Cervicogènes
Les données sont plutôt positives. Une étude de 2019 a montré que l'ostéopathie réduisait l'intensité des vertiges post-traumatiques de 45 % chez 80 patients, contre seulement 25 % avec des exercices de rééducation. On pense que les manipulations du cou pourraient améliorer la proprioception (la perception de la position du corps) et réduire la compression de certaines artères.
Pour le VPPB (Vertige Positionnel Paroxystique Bénin)
L'efficacité de l'ostéopathie est limitée. Le traitement de référence est la manœuvre d'Epley, qui repositionne les cristaux. Une méta-analyse de 2021, regroupant 15 essais, a conclu que l'ostéopathie n'apportait pas de bénéfice supplémentaire à la manœuvre d'Epley seule. Quelques cas isolés suggèrent une réduction des récidives après un travail crânio-sacré, mais cela manque de preuves statistiques solides.
Pour les Migraines Vestibulaires
Les effets sont modestes. Un essai contrôlé de 2020 a observé une diminution de 30 % de la fréquence des crises avec l'ostéopathie crânienne, contre 15 % avec un placebo. Cependant, cette étude était de petite taille (60 patients) et ses résultats n'ont pas été reproduits.
Pour la Maladie de Ménière
Il n'y a aucune preuve scientifique solide. Les rares publications sont des récits personnels qui ne peuvent pas être généralisés.
Les ostéopathes proposent plusieurs explications à leurs actions sur les vertiges :
Amélioration de la circulation sanguine : Les manipulations cervicales pourraient libérer les artères vertébrales, améliorant l'apport sanguin au cerveau et à l'oreille interne. Cependant, l'imagerie médicale n'a pas confirmé cette mobilité accrue des artères pendant les manipulations.
Normalisation de la proprioception cervicale : Les techniques manuelles corrigeraient le dysfonctionnement des capteurs situés dans le cou, essentiels pour l'équilibre.
Effet sur le système nerveux autonome : Les techniques crâniennes moduleraient le nerf vague, ce qui pourrait réduire le stress et les symptômes des vertiges.
Ces théories sont critiquées par la science, notamment car :
La preuve d'une réelle modification de la circulation des artères vertébrales par manipulation est manquante.
Le lien précis entre les dysfonctions cervicales et les vertiges n'est pas toujours clair, et il manque des indicateurs objectifs mesurables.
L'effet placebo, renforcé par la relation de confiance avec le thérapeute, pourrait expliquer une partie des améliorations observées.
Les manipulations du cou, surtout celles avec une rotation forcée, comportent un risque rare mais grave : la dissection de l'artère vertébrale, qui peut entraîner un accident vasculaire cérébral (AVC). On estime ce risque à environ 1 cas pour 500 000 à 1 million de manipulations. Une aggravation temporaire des vertiges ou des nausées est également possible.
L'ostéopathie est strictement contre-indiquée dans certains cas :
Instabilité vertébrale (par exemple, due à la polyarthrite rhumatoïde).
Antécédents d'AVC.
Présence de signes neurologiques aigus (comme des difficultés à parler).
D'autres traitements sont couramment utilisés pour les vertiges :
La rééducation vestibulaire : Elle est très efficace pour les vertiges chroniques et est largement reconnue.
Les médicaments (antihistaminiques, bétahistine) : Utiles pour soulager les crises aiguës, mais ils ne traitent pas la cause mécanique.
L'acupuncture : Elle donne parfois des résultats comparables à l'ostéopathie, ce qui pourrait suggérer qu'une partie de l'effet est liée au "contexte thérapeutique".
Les principales organisations médicales ne recommandent pas l'ostéopathie comme premier choix pour les vertiges :
L'Académie Américaine de Neurologie (AAN) ne la suggère qu'en cas de suspicion forte d'une origine cervicogène confirmée médicalement.
La Société Française d'ORL privilégie les manœuvres de repositionnement (Epley, Semont) pour le VPPB et la rééducation vestibulaire pour les vertiges chroniques.
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classe l'ostéopathie comme une médecine complémentaire générale, sans recommandation spécifique pour les vertiges.
Pour mieux évaluer l'ostéopathie, la recherche doit surmonter plusieurs obstacles :
Réaliser des essais cliniques plus rigoureux qui comparent l'ostéopathie à de vrais placebos (par exemple, des manipulations "simulées").
Standardiser les protocoles de traitement, car ils sont actuellement très variables d'un praticien à l'autre.
Favoriser une collaboration multidisciplinaire entre les ORL, les neurologues et les ostéopathes pour mieux cibler les patients qui pourraient bénéficier de cette approche.
L'ostéopathie montre un potentiel intéressant pour les vertiges cervicogènes, où les problèmes musculaires et squelettiques du cou sont souvent en cause. Cependant, pour les vertiges qui proviennent uniquement de l'oreille interne (comme le VPPB ou la maladie de Ménière), les traitements classiques restent les plus efficaces. Les manipulations du cou comportent des risques, même s'ils sont rares, d'où l'importance d'un examen médical approfondi avant tout traitement ostéopathique. En attendant plus de données, l'ostéopathie pourrait être envisagée comme une aide complémentaire, intégrée à une prise en charge globale et personnalisée, incluant la rééducation vestibulaire et un suivi médical spécialisé.